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Musée d'Histoire naturelle de Shanghai (上海自然博物馆) - Un musée scientifique à l'échelle de la ville

Le Musée d’Histoire naturelle de Shanghai (上海自然博物馆) impressionne autant par son immense bâtiment que par la richesse de ses collections. Dinosaures grandeur nature, fossiles, animaux et reconstitutions d’écosystèmes permettent de parcourir l’histoire du vivant dans un musée moderne et accessible. Une visite initialement improvisée qui s’est révélée être une belle découverte culturelle à Shanghai.

Auteur
Aymeric Gehres
Publié le
Temps de lecture
7 minutes
Localisation
Musée d'Histoire naturelle de Shanghai (上海自然博物馆) - Un musée scientifique à l'échelle de la ville

Le Musée d'Histoire naturelle de Shanghai (上海自然博物馆) ne faisait initialement pas partie de notre programme. Avec une après-midi disponible à Shanghai et un intérêt personnel pour les sciences naturelles, nous avons décidé de le découvrir presque par hasard. La visite s'est finalement révélée être l'une des plus surprenantes de notre séjour dans la ville. Dès l'entrée, c'est surtout l'échelle du musée qui impressionne. Le bâtiment actuel, ouvert au public en 2015 dans le parc de sculptures de Jing'an (静安雕塑公园), représente plus de 45 000 m². Malgré plusieurs heures passées à parcourir les différentes salles, l'impression reste celle d'un musée dont il est difficile de faire complètement le tour en une seule visite.

Un musée immense où chaque espace reste densément occupé

La taille du musée pourrait laisser craindre de vastes espaces relativement vides. C'est précisément l'inverse que nous avons constaté. Les collections se succèdent sur plusieurs niveaux et l'espace est constamment occupé par des spécimens, des reconstitutions, des fossiles, des animaux naturalisés ou des dispositifs pédagogiques. Cette impression s'explique par l'ampleur réelle des collections. Le musée présente plus de 11 000 spécimens et modèles provenant des sept continents, dont près d'un millier appartenant à des espèces rares. Ses réserves et collections scientifiques rassemblent quant à elles plus de 290 000 pièces réparties entre botanique, zoologie, paléontologie, géologie et anthropologie. Les expositions permanentes sont organisées autour de dix grands espaces abordant notamment l'origine de la vie, l'évolution, la diversité biologique, les ressources de la Terre, les écosystèmes ou encore les relations entre l'homme et son environnement. Le parcours dépasse donc largement la simple présentation d'une succession d'animaux. Il cherche à replacer chaque espèce dans une histoire beaucoup plus vaste, celle de l'évolution de la vie sur Terre.

Les dinosaures - Une confrontation spectaculaire avec les dimensions du passé

Parmi toutes les collections, les dinosaures sont probablement les éléments qui nous ont le plus impressionnés. Observer des fossiles est déjà intéressant, mais les reconstitutions grandeur nature permettent de comprendre beaucoup plus concrètement les dimensions de ces animaux. À l'intérieur d'un bâtiment suffisamment vaste pour accueillir de telles structures, certains spécimens dominent littéralement les visiteurs. Leur présentation donne une échelle aux chiffres souvent difficiles à imaginer lorsque l'on parle de créatures ayant vécu il y a plusieurs dizaines ou centaines de millions d'années. La paléontologie occupe d'ailleurs une place importante dans les collections du musée, avec plus de 8 000 pièces conservées dans cette seule catégorie. Elle permet d'aborder non seulement les dinosaures, mais plus largement les transformations successives de la vie et les mécanismes de l'évolution.

Comprendre l'évolution et la biodiversité au-delà des vitrines

L'une des principales qualités du musée réside dans la diversité de ses collections. Mammifères, oiseaux, poissons, insectes, reptiles, végétaux, fossiles et minéraux permettent de passer progressivement d'une période géologique à une autre et d'un écosystème à un autre. Certains espaces cherchent également à reconstituer les environnements dans lesquels évoluent les espèces. Le musée possède notamment une reconstitution de près de 1 500 m² consacrée à la savane africaine et plusieurs dizaines de dispositifs reproduisant différents habitats naturels. Cette approche permet de comprendre les animaux non comme des spécimens isolés, mais comme les éléments d'écosystèmes beaucoup plus complexes. Cette organisation explique en partie pourquoi plusieurs heures sont nécessaires. Il est possible de parcourir rapidement certaines salles, mais dès que l'on prend le temps de lire les explications et d'observer les collections, la quantité d'informations devient considérable.

Un musée moderne et accessible aux visiteurs étrangers

Un autre élément nous a particulièrement marqués: l'accessibilité du musée pour un visiteur étranger. Une grande partie des informations nécessaires à la compréhension des collections était disponible en anglais, ce qui nous a permis de suivre réellement le parcours scientifique plutôt que de simplement observer les objets exposés. Cette expérience contraste avec certaines représentations que l'on peut avoir de la Chine avant d'y voyager. Dans une métropole internationale comme Shanghai (上海), les grandes infrastructures culturelles peuvent être extrêmement modernes et pensées pour accueillir un public très large. La conception même du musée participe à cette impression. Son architecture s'inspire de la spirale d'une coquille d'escargot et intègre végétation, récupération des eaux pluviales, utilisation de l'énergie solaire et différentes technologies destinées à réduire la consommation énergétique du bâtiment. La technologie est également présente dans les expositions, avec des centaines de dispositifs visuels, des espaces interactifs, des laboratoires pédagogiques et différentes formes de médiation scientifique. L'objectif n'est donc pas uniquement de conserver des collections, mais de rendre les sciences naturelles compréhensibles par le grand public.

Une fréquentation importante absorbée par l'échelle du bâtiment

Il y avait beaucoup de visiteurs lors de notre passage, sans que cela ne rende réellement la visite désagréable. Les salles, les circulations et les espaces d'exposition sont suffisamment vastes pour répartir le public. Cette capacité d'accueil semble avoir été intégrée dès la conception du musée. L'établissement indique pouvoir accueillir entre 800 000 et 1,2 million de visiteurs par an et prévoit des mesures spécifiques lorsque la fréquentation instantanée atteint 5 700 personnes. Cela donne une idée de l'échelle du lieu. Malgré une fréquentation importante, nous avons pu nous déplacer correctement et prendre le temps d'observer les collections sans avoir constamment l'impression d'être dans une foule compacte.

Une institution scientifique dont l'histoire remonte au XIXe siècle

Si le bâtiment semble très récent, l'histoire du musée est beaucoup plus ancienne. Ses origines sont liées à deux institutions créées à Shanghai au XIXe siècle: le musée de Xujiahui, fondé en 1868 par le missionnaire français Pierre Heude, et le musée de la Société asiatique de Shanghai, créé en 1874. Leurs collections ont ensuite participé à la constitution du Musée d'Histoire naturelle de Shanghai ouvert en 1956. Au début des années 2000, l'institution est intégrée au Musée des Sciences et Technologies de Shanghai. Le projet du musée actuel est lancé en 2007, les travaux commencent en 2009 et le nouveau bâtiment ouvre finalement au public en 2015. Cette continuité historique permet de comprendre pourquoi un musée aussi moderne possède aujourd'hui des collections aussi importantes. Derrière le bâtiment contemporain se trouve plus d'un siècle et demi de collecte, de conservation et de recherche scientifique.

Ce que le musée révèle du Shanghai contemporain

Notre visite devait simplement occuper une après-midi disponible à Shanghai. Elle nous a finalement permis de découvrir une autre facette de la ville. Le Musée d'Histoire naturelle de Shanghai associe des collections historiques très importantes à une infrastructure récente, une muséographie moderne et des moyens considérables consacrés à la transmission scientifique. Son ampleur est probablement ce qui nous a le plus marqués: le bâtiment est immense, mais nous n'avons jamais eu l'impression qu'il était vide ou artificiellement surdimensionné. Il illustre aussi une caractéristique que nous avons retrouvée dans plusieurs grandes villes chinoises: la capacité à développer des infrastructures culturelles à très grande échelle tout en utilisant les technologies contemporaines pour les rendre accessibles au public. Nous étions entrés dans ce musée presque par hasard. Après plusieurs heures de visite, nous en sommes ressortis avec l'impression d'avoir découvert une institution exceptionnelle par la richesse de ses collections et par sa capacité à rendre les sciences naturelles concrètes, visuelles et accessibles.

À ne pas manquer au Musée d'Histoire naturelle de Shanghai (上海自然博物馆)

  • Les dinosaures et les grandes reconstitutions permettant de mesurer réellement leurs dimensions
  • Les espaces consacrés à l'évolution et à la paléontologie
  • Les importantes collections d'animaux provenant de différents continents
  • Les reconstitutions d'écosystèmes, notamment celle consacrée à la savane africaine
  • L'architecture intérieure et extérieure du bâtiment inspirée d'une coquille
  • Les espaces interactifs et dispositifs pédagogiques
  • Prévoir plusieurs heures de visite pour réellement profiter de l'étendue des collections

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